IVRAF FA 0016 : Village de Sanghaïe : Différence entre versions

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Le village de Sanghaï est fondé par le sixième roi du Sine Diomaye Niane au XIIIème siècle. Ce dernier, une fois intronisé partit à la recherche de sa « terre promise » à l’instar de plusieurs rois du Sine. Dans sa quête, il aurait été guidé par une ombre qui l’amena sous un arbre dénommé Sanghaï à coté duquel il s’installa avec sa cour (actuel village de Sanghaï Diolof). Mais, après quelques temps, sa femme nommée Siga lui fit savoir qu’il n’était pas encore au bon endroit car toutes les nuits elle voyait l’ombre d’un baobab qui venait envahir sa chambre. Diomaye Niane, un peu dubitatif lui demanda alors d’en fournir la preuve. La nuit suivante, à l’apparition de l’ombre, Siga usa de tout son pouvoir mystique et réussit à y attacher un foulard en guise de repère. Dès l’aube, le roi informé par sa femme ordonna à ses esclaves d’aller à la recherche dudit baobab. Après moult recherches, les esclaves arrivèrent à trouver le baobab sur lequel est attaché le foulard. C’est ainsi qu’est né le village que le roi baptisa automatiquement Sanghaï en référence à l’arbre du même nom qui se situait dans leur résidence de Sanghaï Diolof.
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Le village de Sanghaï fut fondé par le sixième roi du Sine, Diomaye Niane, au XIIIème siècle. Ce dernier, une fois intronisé, partit à la recherche de sa « terre promise » à l’instar de plusieurs rois du Sine. Dans sa quête, il aurait été guidé par une ombre qui l’amena sous un arbre dénommé Sanghaï, à coté duquel il s’installa avec sa cour (actuel village de Sanghaï Diolof). Mais, après quelques temps, sa femme nommée Siga lui fit savoir qu’il n’était pas encore au bon endroit car toutes les nuits elle voyait l’ombre d’un baobab qui venait envahir sa chambre. Diomaye Niane, un peu dubitatif, lui demanda alors d’en fournir la preuve. La nuit suivante, à l’apparition de l’ombre, Siga usa de tout son pouvoir mystique et réussit à y attacher un foulard en guise de repère. Dès l’aube, le roi, informé par sa femme, ordonna à ses esclaves d’aller à la recherche dudit baobab. Après moult recherches, les esclaves arrivèrent à trouver le baobab sur lequel était attaché le foulard. C’est ainsi qu’est né le village que le roi baptisa automatiquement Sanghaï, en référence à l’arbre du même nom qui se situait dans leur résidence de Sanghaï Diolof.
Par ailleurs, le village de Sanghaï a connu plusieurs modifications. En 1921, suite à une épidémie qui frappait cruellement le village, les habitants déménagèrent non loin dans un autre site. Quelques années plus tard, le Sathiour (titre porté par le responsable des libations) du village nommé Ndiack DIOUF décida de regagner l’ancien site car les pangool (génies religieux) y étaient trop seuls. Après lui, quelques familles rentrèrent à leur tour dont celle du Diaraf. 
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Sur le plan administratif, le village de Sanghaï qui fut chef lieu du canton Sanghaï-Ngayokhème est passé aujourd’hui au statut de simple village de la communauté rurale de Niakhar
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Le village de Sanghaï a connu plusieurs modifications. En 1921, suite à une épidémie qui frappait cruellement le village, les habitants déménagèrent non loin dans un autre site. Quelques années plus tard, le Sathiour (titre porté par le responsable des libations) du village, nommé Ndiack DIOUF, décida de regagner l’ancien site car les pangool (génies religieux) y étaient trop seuls. Après lui, quelques familles rentrèrent à leur tour, dont celle du Diaraf. 
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Sur le plan administratif, le village de Sanghaï fut chef lieu du canton Sanghaï-Ngayokhème. Il est désormais un simple village de la communauté rurale de Niakhar.
  
 
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Version du 22 octobre 2012 à 10:54

Références du dossier documentaire

Numéro du dossier

IVRF_FA_0016

Date d'enquête

26/09/2012

Nom et prénom de l'enquêteur

SECK Badé

Désignation

Dénomination(s) actuelle(s)

Village

Appellations successives

Sanghaï

Type de patrimoine

Patrimoine immatériel

Thématique

La royauté

Localisation

Communauté rurale

Niakhar

Lieu-dit/quartier/autre

Sanghaï

Adresse

Références cadastrales (le cas échéant)

Section :.......... N° parcelle(s) :..........

Géolocalisation

Latitude :
Longitude :


Historique et description

Acteur(s)

Diomaye Niane (sixième roi du Sine)

Date/période de réalisation

XIIIème siècle

Historique

Le village de Sanghaï fut fondé par le sixième roi du Sine, Diomaye Niane, au XIIIème siècle. Ce dernier, une fois intronisé, partit à la recherche de sa « terre promise » à l’instar de plusieurs rois du Sine. Dans sa quête, il aurait été guidé par une ombre qui l’amena sous un arbre dénommé Sanghaï, à coté duquel il s’installa avec sa cour (actuel village de Sanghaï Diolof). Mais, après quelques temps, sa femme nommée Siga lui fit savoir qu’il n’était pas encore au bon endroit car toutes les nuits elle voyait l’ombre d’un baobab qui venait envahir sa chambre. Diomaye Niane, un peu dubitatif, lui demanda alors d’en fournir la preuve. La nuit suivante, à l’apparition de l’ombre, Siga usa de tout son pouvoir mystique et réussit à y attacher un foulard en guise de repère. Dès l’aube, le roi, informé par sa femme, ordonna à ses esclaves d’aller à la recherche dudit baobab. Après moult recherches, les esclaves arrivèrent à trouver le baobab sur lequel était attaché le foulard. C’est ainsi qu’est né le village que le roi baptisa automatiquement Sanghaï, en référence à l’arbre du même nom qui se situait dans leur résidence de Sanghaï Diolof.

Le village de Sanghaï a connu plusieurs modifications. En 1921, suite à une épidémie qui frappait cruellement le village, les habitants déménagèrent non loin dans un autre site. Quelques années plus tard, le Sathiour (titre porté par le responsable des libations) du village, nommé Ndiack DIOUF, décida de regagner l’ancien site car les pangool (génies religieux) y étaient trop seuls. Après lui, quelques familles rentrèrent à leur tour, dont celle du Diaraf.

Sur le plan administratif, le village de Sanghaï fut chef lieu du canton Sanghaï-Ngayokhème. Il est désormais un simple village de la communauté rurale de Niakhar.

Description

Le village de Sanghaï se situe dans le département de Fatick, plus précisément dans la communauté rurale de Niakhar. C’est un village enclavé situé à environ 4 kilomètres de la route goudronnée Fatick-Niakhar (à partir de Saagne). Sanghaï est un village composé de 6 quartiers que sont : Péthia ka, Sanghaï, Ndioudiouf, Yaye ka, Mbine a Ndongo Tine et Tella. Le quartier Péthia ka est le quartier des pangool et des libations : il abrite le pangool Siga Yétiyame, le « Ngel maak » (place publique du village et lieu de libations) et le puits Kamate dont l’eau fut pendant longtemps utilisée par les rois du Sine pour leurs bains mystiques. Le quartier Sanghaï se singularise par sa modernité : il est constitué d’une vingtaine de maisons majoritairement en construction moderne. De même, il abrite l’école du village ainsi que la maison du chef de village.Par ailleurs, il faut préciser que, les quartiers de Sanghaï ne forment pas un bloc uni ; ils sont distants les uns des autres et séparés entre eux par des champs de mil, d’arachide et de niébé (haricot local). De même le village compte aujourd’hui six (6) quartiers suite à l’éviction des quartiers de Bibane et de Mème qui sont devenus des villages autonomes


Croquis (le cas échéant)

De l’ensemble patrimonial et/ou de sa position dans son environnement

État sanitaire

Globalement le village de Sanghaï est en bon état

Valeur patrimoniale :Pour les habitants, Sanghaï est d’une valeur inestimable. Après chaque interview on se rend compte davantage du respect qu’ils vouent au village et à leurs traditions qu’ils évoquent avec prudence.

Lieux associés (autour de la même thématique)

Languème (village d’origine d’une des femmes de Diomaye Niane dénommée Ndiémé), Mbouma Niane (village où la sœur de Diomaye Niane nommée Ma Niane était donnée en mariage), Saagne Foolo, Tofaye et Ndol ( du temps de Diomaye Niane, ces village étaient les seuls à disposer du feu, les gens faisaient des kilomètres pour en chercher), Diakhao( que le roi Mahécor quittait pour venir se laver à Sanghaï avec l’eau de la puits Kamate), Bibane et Même (villages qui faisaient partie de Sanghaï)

Culture(s) orale(s) en lien avec l'ensemble patrimonial

Légende(s) et/ou mythe(s) associé(s)

Légende(s) et/ou mythe(s) associé(s) :

Mythe de la création de Sanghaï : Plusieurs sources convergent pour dire qu’une ombre mystérieuse aurait guidé Diomaye Niane et sa cour jusqu’à la découvert du village de Sanghaï.

Mythe de l’arbre du village de Sanghaï Diolof : On dit que cet arbre était verdoyant et plein de feuilles en toute saison. Mais, il semblerait qu’aucune de ses feuilles ne tombait. Et ceci en dépit des vents et orages.

Mythe du puits Kamate : « les animaux qui buvaient l’eau du puits Kamate n’avaient plus faim ni soif » Boucar DIOUF

Anecdote(s),discours,impression(s)sur l'ensemble patrimonial

«  A l’approche de chaque hivernage, le Bour Sine Mahécor Diouf venait ici pour se laver avec l’eau du puits Kamate. Il y tenait vraiment et même lorsqu’il avait des empêchements, il envoyait quelqu’un pour lui puiser de l’eau. L’eau de ce puits est protectrice ». Boucar DIOUF « Toute personne ou animal qui tombait dans le puits Kamate en sortait mystérieusement indemne. » Boucar DIOUF «  Au tout début de l’hivernage les habitants de Sanghaï devaient être les premiers à semer leur mil. Personne n’osait le faire avant eux  ». Ngor SARR

Utilisation(s) actuelle(s)de l'ensemble patrimonial

Fonction (s) initiale (s) : capitale royale, lieu d’habitation

Utilisation(s) actuel(s) : lieu d’habitation

Statut et signification actuelle de l'ensemble patrimonial

Lieu de mémoire

Informations complémentaires sur l'ensemble patrimonial

Sources

Tradition orale

DIOUF Bouca Djira, Sathiour du village (responsable des libations), Sanghaï

DIOUF Boucar, chef de village, Sanghaï

NDAW Diagone, notable, Sanghaï

SENE, notable, Sanghaï

SARR Ngor, journaliste, Fatick

Sources écrites

DIOUF Niokhobaye, chronique du royaume de Sine, in Bulletin de l’I.F.A.N n°4 1972, DAKAR

Illustrations

Photographies actuelles

Sous plusieurs angles, si justifié

Documents anciens (photographies, peintures, gravures...)

 Préciser le(s) lieu(x) de conservation, y compris dans le cas de collections personnelles

Dessins/croquis